14.07.2009

Soutenir l'éducation populaire

educpop.JPGJ’étais le 9 juillet dernier à Saint-Philbert de Grandlieu avec le Comité Régional des Associations de Jeunesse et d’Education Populaire (CRAJEP). Nous y avons signé le premier protocole d’accord entre un CRAJEP et un Conseil régional. Il affirme les valeurs que nous partageons et le soutien régional apporté à 15 fédérations régionales membres du CRAJEP (CEMEA, Centres sociaux et socioculturels, Familles rurales, Foyers ruraux, Francas, JOC, Léo Lagrange Ouest, Ligue de l’enseignement, Scouts et Guide de France, MJC, MRJC, Petits Débrouillards, UFCV, URHAJ) et 2 autres mouvements de jeunesse (Génépi et Unis-Cités) ; un soutien qui représente 93 emploi-tremplin, 600 000 € d’aides et surtout un partenariat pour les politiques régionales de l’éducation.

Ces mouvements mènent chacun dans leur champ des actions d’une importance considérable pour l’éducation, la citoyenneté et le maintien d’une démocratie active. Pour autant, la démarche d’un rassemblement au sein du CRAJEP m’apparaît indispensable dans une période d’attaques gouvernementales et de remise en cause de l’action collective. Cela permet de valoriser leurs savoir-faire, leur capacité étonnante d’innovation pour l’apprentissage tout au long de la vie.

Tandis que certains comme Martin Hirsch se suffisent à la réflexion, les Régions, comme la notre, choisissent d'agir pour être aux côtés de ces associations.


Michèle Bureau, Présidente du CRAJEP, a dans son discours, que je me permets de citer, particulièrement bien signifié le contexte et les enjeux :

Apprendre à réfléchir ensemble, apprendre à construire ensemble à toutes les échelles territoriales, du local à l’international. C’est ce à quoi – dans un travail de fourmis – les associations de jeunesse et d’éducation populaire contribuent.

Il y a presqu’un an maintenant, le Président de la République, à Batz sur Mer, a qualifié ce travail de « remarquable ». C’était une première ! Si nous avons été sensibles et attentifs à cette démarche, malheureusement il ne semble pas avoir été entendu par son gouvernement et nous le regrettons !

En effet, pour les associations de jeunesse et d’éducation populaire, l’année 2008 a été particulièrement difficile.

A la fois sur le plan économique, les restrictions budgétaires de la part du Ministère de l’Education Nationale, de la Santé et de la Jeunesse et des Sports, du Ministère de l’Agriculture, diminuent les capacités d’actions de nos associations. Mais j’ose le dire ce n’est peut-être pas là le plus grave.

Construire une société, c’est un projet collectif. Participer, prendre des initiatives, assurer des responsabilités, sont des  objectifs de ce projet. Permettre à chacun, à l’intérieur d’un collectif, d’apporter sa contribution, de discuter son point de vue, de se confronter aux autres – ceux qui ne sont pas comme lui, qui ne pensent pas comme lui, qui ne vivent pas comme lui, c’est contribuer à vivre ensemble et à faire société.

Alors lorsque les politiques publiques, notamment de jeunesse et d’éducation, se limitent à des publics repérés, ciblés, stigmatisés, elles prennent le risque de transmettre des images, d’une société morcelée où ceux qui réussissent par leurs propres moyens – souvent liés aux opportunités de leur environnement – et les autres, ceux qui n’ont pas eu la chance de naître et de grandir dans un environnement aussi favorable seraient traités différemment.

Il ne s’agit pas d’efforts à faire pour insérer ou intégrer. Il ne s’agit pas de tendre la main… Il s’agit simplement de donner un accès le plus égal possible, à l’éducation, à la culture, à l’emploi, bref au conditions de vivre dignement pour tous les citoyens.

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